Paris 1910 – La grande crue de la seine – Rue Bellechasse – Secouristes militaires portant secours aux habitants

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La grande crue de la seine- secouristes militaires portant secours aux habitants

Paris 
La grande crue de la seine  (janvier 1910)
Inondation de la rue Bellechasse – Secouristes militaires portant secours aux habitants
éditeur ND Phot. 
Dos séparé – circulé à découvert
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Les militaires portent secours aux habitants de la rue de Bellechasse, le 28 janvier 1910 le Petit Parisien nous retrace les péripéties de nombreux Parisiens pris par les eaux de la Seine.

L’immeuble portant le numéro 15 de la rue de Solférino qui fait face au ministère de la Guerre a dû être évacué dans la matinée. Une excavation profonde s’est en effet produite devant la porte d’entrée de la maison. L’eau s’y engouffre avec un bruit effrayant.
Le  spectacle  est   vraiment  tragique.
On entend, en effet, dans le lointain, des cris angoissants.
Ce sont les locataires d’un hôtel de la rue Bellechasse qui, à leur réveil, se sont vus bloqués par les eaux. Depuis le matin — il est alors près de deux heures de l’après-midi — ils n’ont rien mangé.
 
On les entend crier : « du pain ! Au secours ! »
Enfin, une barque peut parvenir jusqu’à eux. Un agent arrive les bras encombrés de longues miches de pain. Les « affamés » l’acclament longuement et battent en son honneur un triple ban d’allégresse.
Le lieutenant-colonel Lenfant arrive bientôt sur les lieux avec une compagnie d’infanterie, il essaye de réquisitionner auprès d’un chef de chantier plusieurs paires de bottes d’égoutier. Mais on lui répond qu’il faut… l’autorisation de la Ville de Paris… le visa du préfet, l’enregistrement dû… etc…Bref l’officier supérieur comprend qu’il n’aurait peut-être l’autorisation que dans une huitaine de jours.

Donnant l’exemple, il pénètre dans l’eau jusqu’aux genoux en criant à ses troupiers :

Mes enfants, faites comme moi, que les délicats se retroussent s’ils le veulent.
Et, faisant atteler plusieurs soldats à une voiture à bras, il les devance et parcourt ainsi les rues de Villersexel et de l’Université, recueillant sur son passage les femmes et les enfants d’abord, puis ensuite les hommes qu’il fait ramener à pied sec à hauteur du ministère des Travaux publics.
Le lieutenant-colonel vient alors offrir ses services à l’ambassade d’Allemagne, rue de Lille, qui commence à être envahie par les eaux.
En face de l’hôtel de l’ambassade, le trottoir s’est effondré devant la porte d’entrée de l’immeuble portant le numéro 97.
L’eau s’engouffre avec force dans ce nouveau gouffre.
D’heure en d’heure, ou pour mieux dire de minute en minute le niveau de l’eau monte de façon alarmante, et la nappe s’étend de plus en plus.
Rue du Bac, il a fallu élever des barrages de sacs de ciment devant les rues de Lille, de Verneuil et de l’Université, et le marché du Gros-Caillou, inondé, sera fermé aujourd’hui.

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