Une Danse Macabre à coup de Tibia au Cabaret du Néant

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Cabaret du Néant – Paris-Montmartre – N° 5, 3e Caveau, Les Spectres tristes
A.Plantier, éditeur – Paris
dos simple – non circulé

Cercueils en guise de tables, cranes servant de bougeoir et ambiance lugubrement mortuaire, c’était le Cabaret du Néant fondé en 1892 par Dorville et situé au 34 boulevard de Clichy.

Voici un petit fait divers de cette époque que l’on pouvait lire sur le journal « le Petit Parisien »

UNE DANSE MACABRE A COUPS DE TIBIA SUR LE CRANE C’ÉTAIT AU CABARET DU NÉANT »
Le cabaret Montmartrois le «Néant» qui,boulevard de Clichy, se singularise par une tristesse affectée et par un décor lugubrement mortuaire, a été plein de vie et d’animation l’autre soir, sur le coup de minuit.En effet, une scène tumultueuse a mis aux prises un client avec « les croque-morts » alias garçons de café chargés de servir de la bière sur des « cercueils-tables « .
Le motif de ce bruyant tapage capable de réveiller un mort n’a pu encore être dégagé du néant des disputes d’ici-bas.
Mais il est un fait certain c’est que le client a failli être « enterré par les « croque-morts et envoyé ad patres par un « curé » d’occasion en l’espèce le gérant travesti de l’établissement.
Le pseudo-curé s’était armé d’un des tibias suspendus aux murs du cabaret et il en administra plusieurs coups sur le crâne du consommateur.

C’est ainsi que l’os du mort saisit le vif…d’épouvante.
Au cours de cette lutte funèbre, une carafe et une glace passèrent, avec éclats, de vie à trépas. Mais briser du verre blanc cela porte bonheur, assure-t-on. C’est pourquoi, sans doute, le client, à demi assommé, parvint à fuir ses tourmenteurs, les cercueils-tables et la Mort, et gagna l’au-delà… l’au-delà du « Néant ».

Il se retrouva dans les ténèbres de la rue, où des âmes noctambules qui déambulaient eurent pitié du « revenant ». Et comme ces âmes habitaient des corps encore bien vivants, elles s’élancèrent furieusement à l’assaut du « Néant ».
Apeuré, le gérant-curé appela à son secours le feu du ciel, et même le diable, tout en se précipitant vers le tiroir-caisse. Il y plongea alors la main, prit un revolver et, par deux fois, fit feu dans le ciel-plafond.
Les détonations se répercutèrent comme un coup de tonnerre.
Ce bruit d’Enfer dans le « Néant » y attira des gardiens de la paix. Ils apaisèrent, les âmes courroucées, prirent l’état civil du gérant-curé, Mr Rocchini. et emmenèrent se faire panser, à l’hôpital Lariboisière, le client au crâne labouré par un tibia…
M. Pillot, commissaire du quartier Clignancourt, enquête au sujet de la danse macabre et et des deux balles ayant mis en réel émoi le « Néant ».
Pour le moment, il enquête dans le vide.!

 

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