Roanne – Le Port du Canal en 1900

Roanne-Le Port du Canal

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40 – Roanne-Le Port du Canal 
éditeur ELD  ( Ernest Louis le Deley )
Dos séparé – circulé 
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C’est aux XIXe et XXe siècles que le port Roannais a connu son apogée. En 1838, le canal de Roanne à Digoin est ouvert. Long de 55 kilomètres, parallèle à la Loire mais mieux adapté au trafic d’alors, il permet à la ville d’être connectée au « canal du centre » (joignant Digoin à la Saône et au-delà au réseau fluvial de l’Est) et au Bassin parisien (par le canal latéral et le canal de Briare). Le port roannais est par la suite raccordé à la voie ferrée (1863). Puis le canal est élargi et approfondi entre 1889 et 1904 afin de recevoir des péniches de 250 à 300 tonnes et de 38,50 mètres de long. Le port connaît alors un important développement : le trafic du canal, qui était de 8 905 tonnes en 1865, atteint 150 000 tonnes en 1875, 405 000 en 1903 et près de 500 000 tonnes en 1918. Quant au quartier du Bassin, il devient

un quartier d’intenses activités : de nombreuses structures de déchargement et des entrepôts s’y installent. On y traite les pondéreux, les charbons de Saint Etienne et du Creusot, les produits pétroliers, les céréales, le papier, les cotons bruts et filés, les vins, les eaux minérales, les pyrites. Bref les matières liées au dynamisme d’une cité dotée d’un arrière pays agricole et dans laquelle les activités industrielles sont alors nombreuses : production textile (tissage et bonnèterie), industrie papetière (papèterie Navarre), métallurgie (présence de l’Arsenal à partir de 1916) raffinerie pétrolière du Midi. En 1917, en pleine expansion, le port est doté d’un second bassin à 1200 mètres du port : le Bassin d’Oudan. En 1936, le port connaît son maximum de tonnage avec 545 000 tonnes de marchandises débarquées ou embarquées.
L’immédiat après Seconde Guerre mondiale voit une certaine reprise de l’activité portuaire. Cependant, le trafic connaît, dans les années 1960, une nette régression. Celle-ci est révélatrice de la crise économique multiforme que connaît la région Roannaise à partir de cette époque. En effet, au milieu des années 1960, l’industrie textile entre dans un profond marasme et voit les suppressions d’emplois se multiplier. En 1971 les papèteries Navarre ferment. Puis l’Arsenal est à son tour touché par la redéfinition de la politique d’armement française. Les 300 000 tonnes de trafic portuaire de 1958 deviennent alors 92 000 tonnes en 1970 puis 15 000 tonnes en 1989. Ce reportage est un bon témoignage du désarroi qui touche les décideurs roannais au début des années 1970. Comme pour d’autres structures portuaires de la région, l’espoir dans l’ouverture du canal Rhin-Rhône est ici mis en avant (on sait que ce projet a été abandonné en 1997), tout comme celle d’une connexion « Seine-Rhône ».
Face aux coûts d’exploitation trop élevés d’une structure devenue non rentable, la Chambre de Commerce et d’Industrie de Roanne a décidé de fermer le port commercial en 1992. Le quartier, devenu friche industrielle, a alors été requalifié. Il a été transformé aujourd’hui en une aire de promenades et de loisirs avec espaces de jeux, terrains de sport et zone d’amarrage de navires de plaisance.
Nicolas Rocher
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