Carte Postale Ancienne – Paris – Montmartre – Un drame de la misère rue Myrha

Carte Postale Ancienne-Paris - Montmartre - la rue Myrha

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Paris – Montmartre – La rue Myrha 
éditeur LL
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Un drame de la misère  rue Myrha ….Nous sommes le 9 avril 1903, au moment du terme, et les pauvres gens qui, accablés par la maladie et les infirmités, sans travail depuis quelque temps, n’ont pu réunir l’argent nécessaire au règlement de leur loyer voient approcher avec désespoir le moment où ils vont être jetés à la rue. C’est pour échapper à ce douloureux calvaire que deux pauvres vieux se sont donné la mort hier. Après avoir vécu de longues années cote à côte, ils ont voulu mourir ensemble afin que leur dernière heure fut moins cruelle. Ce qui donne un caractère tragique à ce double suicide, c’est que l’une des victimes était

aveugle depuis de longues années. C’est donc son compagnon qui a dû faire tous les préparatifs nécessaires à l’accomplissement de leur funeste projet. Voici dans quelles circonstances ces deux créatures ont quitté la vie: Au deuxième étage du numéro 19 de la rue Myrha, dans le quartier de la Goutte-d’Or, habitait un couvreur âgé de soixante-trois ans,nommé Amédée Bal. Il avait pour compagne une femme âgée de cinquante-cinq ans, Mme Zélie Ragot, qui ne pouvait lui être d’un grand secours, car la malheureuse était privée de la vue. Aussi, le couvreur devait-il gagner pour deux. On conçoit qu’au moindre chômage la misère devait pénétrer dans le modeste logis. C’est ce qui ne manqua pas d’arriver. Il y a quelques mois, Amédée Bal se trouva sans argent, le travail étant venu à manquer. Que faire ? Que devenir ? Amédée Bal chercha à s’employer aux Halles, aux abords des gares; mais il était déjà trop vieux pour porter de lourds fardeaux. Les quelques sous qu’il réussissait à gagner, il les apportait vite à la maison et ainsi, tant bien que mal il parvint à faire vivre celle qui partageait sa misère. Mais il ne put parvenir à réunir l’argent nécessaire au paiement du loyer et bientôt il dut trois termes à son propriétaire. Tous les matins, courageusement, il partait de chez lui pour trouver un, peu de Travail, mais chaque jour il rentrait au logis les mains vides. Le couvreur et l’aveugle durent envisager avec désespoir l’échéance du dernier terme. Ils durent se faire un sinistre tableau de leur existence et, s’encourageant l’un et l’autre, ils décidèrent de mourir. Amédée Bal, avant-hier soir, alla acheter du charbon. Puis il calfeutra avec soin toutes les issues de sa chambre. Il fit s’étendre sur le lit la pauvre infirme, et vint prendre placeà ses côtés, après avoir allumé le fatal réchaud. le lendemain matin le concierge de l’immeuble trouva les deux malheureux étendus sur leur lit, ne donnant plus signe de vie.    

 

 

 

 

 

 

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