Liverdun – La Tranchée et le Tunnel

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Liverdun – La Tranchée et le Tunnel
éditeur Maison des magasins réunis, Nancy
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Heureusement qu’il y a des textes magnifiques qui racontent cette époque ou ce canal existait encore… Les hauteurs formaient une barrière naturelle qui semblait insurmontable. La Moselle, n’était point navigable, le canal était d’autant plus nécessaire. Un problème se posait ici, et les ingénieurs devaient le résoudre. Une percée fut faite dans la roche, et le cours du canal devint souterrain. Cette tranchée a près de 500 mètres ; c’est un tunnel qui traverse la colline où est bâtie Liverdun. Un chemin de halage a été tracé au bord de l’eau : en se plaçant à côté de l’ouverture, on aperçoit encore une éclaircie, puis l’obscurité se fait de toutes parts. Il faut allumer un fanal pour que l’attelage d’un chaland puisse

reconnaître sa route. Et il est curieux d’observer comment un bateau avance, poussé par celui qui le hâle. Voici une péniche arrêtée à peu de distance de l’entrée. La femme du batelier est accroupie sur la rive ; elle n’a encore rien à faire, et elle prend patience.
— Nous attendons, me dit-elle, l’heure fixée pour le passage. Ce sont les bateaux qui viennent de l’autre côté, qui ont en ce moment le droit de passer. Il y en a encore pour une demi-heure.
Bientôt, un mulet, tirant sa corde, sort du souterrain. L’animal semble retrouver joyeusement la lumière du ciel ; il hennit et dresse la tête. Et la péniche se dégage peu à peu, je la vois défiler avec lenteur, tandis que les bateliers lassés de leur course sous la colline mettent pied à terre.
Enfin le moment est venu où le passage est libre. Un appel a été jeté du bord ; la batelière se rembarque, et deux mulets attachés à leur amarre entraînent la lourde masse flottante. En arrivant à l’ouverture, le batelier a fait entendre un nouveau cri, pour encourager les montures qui éprouvent un moment de stupeur, puis tout bruit cesse ; le falot est allumé et le chaland s’engouffre vers la roche et disparaît. Le trajet est long ; la lenteur ordinaire d’une péniche est augmentée par la nature exceptionnelle de la route. Si l’on veut jouir du spectacle de la sortie, on a le temps de gravir la hauteur où se dresse Liverdun, et l’on se trouve après l’avoir contournée, à l’embouchure du souterrain.Lorsque j’y arrive, par des pentes boisées, je vois d’abord déboucher une troupe de gens qui chantent ; ce ne sont point des bateliers, mais de jeunes touristes, qui ont fait la gageure de suivre le chemin de halage et qui précèdent de peu le bateau qu’ils ont devancé. Ils ont poussé des exclamations joyeuses en revoyant la lumière du jour, ils jettent des hourras et des cris de victoire. ( Antony Valabrègue poète français 1844 – 1900 )

 

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2 réflexions sur « Liverdun – La Tranchée et le Tunnel »

  1. Très beau reportage , qui me reporte a ma jeunesse je ne sait plus ou c’étais
    mais je me souviens de 2 tunnels que l’on appeler voute , une petite et une grande et je me souviens du brui des chaines du toueur et de la bonne odeur
    des crépes que les marinières fesais c’était la dradition jais 73 ans

    Merci

  2. Bonjour Jocelyne et merci pour votre commentaire
    Je me demande si cette tradition des crêpes existe toujours chez les mariniers…? Souvenirs souvenirs quand tu nous tiens …!
    À bientôt peut être avec d’autres cartes postales
    Cartophilement
    Pascal

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