Saint-Cloud – La fête dans le Parc à la belle époque – De la Foire aux Melons à la Fête Foraine…!

Saint-Cloud - La fête dans le Parc en 1900

Saint-Cloud – La fête dans le Parc à la belle époque – Cliquez sur la carte pour l’agrandir et en voir tous les détails

48  –  Saint-Cloud – La fête dans le Parc
éditeur L.L. 
dos séparé – circulé 
§

De la Foire aux Melons à la Fête Foraine…!
C’était jour de fête à Saint-Cloud, comme les années précédentes la fête  se tenait au Bas-Parc, dans la grande allée qui allait de la place d’Armes à Sèvres, sur le terre-plein qui faisait face aux cascades. La clôture avait lieu le dimanche 27 septembre. Cette Fête, qui de tout temps attirait les Parisiens, date de la seconde moitié du dix-huitième siècle. Il semblerait  bien, en effet, que ce fut sous le règne de Louis XVI c’est à dire à l’époque  de la réunion du magnifique parc et de ses
 dépendances au domaine de la Couronne
 que, de nombreux marchands de melons
 des environs, venaient y vendre

leurs pro
duits, le jour de la fête du Saint  patron de 
la paroisse. La foire aux melons était ainsi créée. La date exacte n’en est pas vraiment connue car les documents s’y rapportant furent brûlés en 1870 par le bombardement des Prussiens. Néanmoins, il est permis de croire que ce fut vers 1785, époque à laquelle Marie-Antoinette acheta le château et ses dépendances au duc d’Orléans, pour la somme de six millions. C’est sur les bords du fleuve, sur le che
min appelé route de Saint-Denis près d’une 
manufacture de clous dirigée par un sieur
 de Canottes, écuyer du roi, que vinrent s’é
tablir les premiers marchands de melons. En peu d’années, cette foire prit une grande extension. Sous le premier Empire, elle avait déjà une durée de trois semaines, ainsi qu’en fait foi une ordonnance concernant les mesures de police qui doivent être observées les dimanches 6, 13 et 20 septembre 1807. Par cette ordonnance, le conseiller d’Etat chargé du troisième arrondissement de la police générale de l’Empire, préfet de police, prescrit diverses mesures concernant les charrettes et voitures se rendant à la fête. Ces voitures, dit ce document, devront aller se ranger dans la plaine de Boulogne, après qu’elles auront débarqué leurs voyageurs. Il y a aussi un article 7 qui stipule que les bachots ou batelets, partiront de la rive droite de la Seine, au-dessous du pont des Tuileries. Il n’y pourra être admis plus de douze personnes, et chaque voyageur ne devra plus de 60 centimes pour prix de son passage. D’autre part, l’ordonnance décide que les galiotes et autres embarcations tirées par des chevaux, qui transporteront le public à Saint-Cloud ne pourront être descendues autrement que sur corde, à partir de l’abreuvoir de Chaillot jusqu’au-dessous des travaux du pont d’Iéna, cela permet de croire que les voyageurs étaient moins nerveux et moins pressés qu’aujourd’hui. Si les Parisiens de cette époque pouvaient revenir ce soir à la Fête de Saint-Cloudils seraient bien étonnés d’y voir autant de lumière répandue par des milliers d’ampoules électriques, eux qui ne possédaient, pour tout éclairage, que la flamme douteuse de mèches en coton plantées dans des récipients remplis de graisse, desquels les grisettes et les bourgeoises de l’époque s’éloignaient comme de la peste, par crainte de revenir avec des robes pleines de taches. On ne s’en amusait pas moins follement, et cela pendant une grande partie de la nuit, comme de nos jours, d’ailleurs. Une seule fois l’ombre et la tristesse se sont abattues sur cette célèbre fête. Ce fut pendant l’Année terrible. A la date d’ouverture, les Prussiens approchaient de Paris. Tout le monde était dans la consternation. La Fête n’eut pas lieu. L’année suivante,elle fut rétablie, et depuis elle s’est perpétuée avec un entrain toujours plus grand.

La fête de 1908
Cette année, les réjouissances seront plus nombreuses encore, les forains sont venus en masse. La construction des manèges, cirques, cinématographes! etc., a bien quelque peu dérangé la symétrie de l’admirable parc dessiné par Le Nôtre, mais, demain, il n’y paraîtra plus. Cette année, la municipalité nouvelle, en dehors des attractions ordinaires, a fait une
 large place aux sports. Demain, premier dimanche de la il y, aura course cycliste à Montretout, puis aux Coteaux et aussi une course originale d’automobiles sans moteurs.Le dimanche 13, courses à pied, sauts et lancement du poids. Le jeudi soir 17 septembre, fête vénitienne sur la Seine et concert. Le dimanche 20; grand match de foot-bali association. Le 27 à deux heures, régates sur la Seine, sous les auspices du Cercle de l’Aviron de Paris et du Club nautique clodoaldien ; enfin, le soir, feu d’artifice tiré dans le parc au lieu dit le Fer à Cheval. Comme on le voit, tous ceux qui se ren
dront à Saint Cloud pendant que durera la
 célèbre foire trouveront, à l’ombre des ar
bres séculaires, de nombreux amusements..
Puisse le soleil être de la fête pour le plaisir
 des promeneurs et la plus grande joie des 
industriels forains ! Le Petit Parisien de septembre 1908. 

 

 

 

Share Button

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.