Carte postale d’un piégeur de loutre dans les années 1900

Carte postale d’un piégeur de loutre dans les années 1900

Voici la deuxième carte photo du piégeur de loutre. À la différence de l’autre carte déjà sur le site l’animal semble encore vivant et plus petit. Il faut quand même que je vous rappelle que dans les années 1910 on est encore persuadé (à tort) que la loutre est un fléau pour les rivières, étangs et lacs et pour cette raison on la chasse et on la piège de nombreuses manières. On prend le plus souvent la loutre au piège, mais on pouvait aussi la chasser. Si la chasse était moins productive que le piégeage, elle était plus sportive et plus riche en émotions pour « les chasseurs ». Il y avait trois manières de chasser la loutre, à l’affût, à la « billebaude » et à courre. La chasse à l’affût se faisait le plus souvent par des chasseurs de canards à la hutte qui étaient la plupart du temps avertis par les appelants qui cherchaient à s’envoler dès qu’ils apercevaient une loutre quitter la rive et nager dans leur direction. Les chasseurs devaient tirer très vite dès que la loutre était à portée de fusil car à la moindre alerte la loutre disparaissait en plongeant. La billebaude était pleine d’imprévus et on employait généralement des chiens « griffons de Vendée ». Le chasseur devait commencer à « appuyer » ses chiens dès le lever du soleil, en commençant à plusieurs centaines de mètres au-dessous de
l’endroit où il supposait que la loutre se tenait. Dès que les chiens avaient connaissance du passage de la loutre, le chasseur se plaçait à hauteur du chien de tête, car c’était au départ que la loutre était la plus facile à tirer. Une loutre manquée ne revenait pas de sitôt dans les parages de l’endroit où elle s’était fait chasser. La chasse à courre de la loutre était très en vogue en Angleterre, mais en France, quelques petits équipages chassaient la loutre quand le gibier se fait rare. Le « piqueux », accompagné d’un limier bien « créancé » dans la voie de la loutre allait, le matin, à une heure de soleil à quelques centaines de mètres de l’endroit fréquenté par la loutre. Si le chien reconnaissait franchement la voie, le piqueux devait avoir soin de ne pas s’approcher trop près de l’endroit, où il supposait que la loutre était. Le maître d’équipage et le piqueux sonnaient alors le « lancer », puis la « vue.» et suivant la chasse, le « bien-aller », etc., etc. Les invités se portaient en avant de la chasse car la loutre prenait rapidement de l’avance sur les chiens. Il arrivait que la loutre se remise dans un îlot et que les chiens arrivant de tous côtés à la fois, se trouvaient face à la bête qui, sur le point d’être prise, plongeait et cherchait à se terrer. Dans ce cas, on la bêche et on l’oblige à sortir. Le maître d’équipage sonne alors L’« hallali » que reprenaient tous’ les piqueux. La bête dépouillée, on sonnait la « curée » et on faisait les « Honneurs du pied ». Puis c’était le « retour de la chasse », la « fanfare de l’équipage » et la « rentrée au chenil ».

« Créance ». (Se dit d’un chien chassant bien un gibier déterminé.)  » Billebaude »(mener une partie de chasse où l’on n’a pas formé de cordon, ni distribué les places, et où chacun tire à sa fantaisie.) « Appuyer les chiens » (Les encourager de la trompe et de la voix.) « piqueux » Valet à cheval qui a la responsabilité de l’équipage de chasse à courre.)

 

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